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Enregistrer au format PDF Cours de restauration : les supports

Altération des supports à peindre

Ces problèmes concernent la restauration conservative : la perte de cohésion d’un tableau (des différentes strates entre elles) ou la dégradation du support entraînent nécessairement un danger pour la survie même du tableau.

Introduction

Toile ayant subi un fort déplacageD’une manière générale les altérations du support sont de trois ordres :

  • la déformation
  • le manque de matière
  • la dégénérescence de celle-ci.

Les problèmes de cohésion sont principalement de trois ordres :

  • perte de cohésion due aux altérations du support
  • perte de cohésion due à la dégénérescence des matériaux (encollage
  • et/ou préparation)
  • perte de cohésion due à des chocs.

Les pertes de cohésions

Comme nous l’étudions dans les défauts d’aspects des peintures et des vernis, les pertes de cohésion dues au vieillissement naturel sont liées à la dégénérescence des encollages ou de la préparation. Dans les cas où cela est possible, on restaure ces problèmes par le biais de rentoilage (pour les supports déformés ou affaiblis) ou par refixage refixage Le refixage est l’opération permettant de redonner de la cohésion à un ensemble couche picturale/préparation seulement, ou un ensemble plus étendu de strates du tableau. Ce peut être aussi une opération permettant la reprise de clivage interne à un feuil du tableau. généralisé par le dos ou la face (selon le support) avant doublage. S’il n’y a pas besoin d’une consolidation du support, on pratique exclusivement le refixage refixage Le refixage est l’opération permettant de redonner de la cohésion à un ensemble couche picturale/préparation seulement, ou un ensemble plus étendu de strates du tableau. Ce peut être aussi une opération permettant la reprise de clivage interne à un feuil du tableau. . On voit en cela que les rentoilages traditionnels induisent le refixage refixage Le refixage est l’opération permettant de redonner de la cohésion à un ensemble couche picturale/préparation seulement, ou un ensemble plus étendu de strates du tableau. Ce peut être aussi une opération permettant la reprise de clivage interne à un feuil du tableau. dans la mesure où l’adhésif pénètre l’ensemble des couches du tableau.

Pour les pertes de cohésions due à des chocs, si ceux-ci n’ont pas atteint le support et qu’il n’ont pas entraîner de déformation trop importante, on traite par refixage refixage Le refixage est l’opération permettant de redonner de la cohésion à un ensemble couche picturale/préparation seulement, ou un ensemble plus étendu de strates du tableau. Ce peut être aussi une opération permettant la reprise de clivage interne à un feuil du tableau. localisé par la face, le fixatif choisi dépendant de la tolérance de la couche picturale à la chaleur, de sa structure et de la surface à refixer.

Les supports cellulosiques

Les supports bois

Tout comme les toiles, les bois sont composés de cellulose et sont donc sujets à réagir aux variations hygrométriques. Une augmentation d’hygrométrie va gonfler le bois, alors qu’un assèchement de l’atmosphère ambiante va le faire craqueler ou le fendre.
Les déformations du bois ne se restaurent pas et font partie de la " patine " du tableau, il serait en effet plus dangereux pour le tableau d’avoir ses déformations de reprises que de les laisser. On peut dans ces cas être obligé de restaurer les conséquences de ces déformations (déplacage ou soulèvement soulèvement Altération de la couche picturale : perte de planéïté plus ou moins accentuée, due à une rupture interne à l’oeuvre (sans précision au niveau de la rupture), ainsi que son étendue à une ou plusieurs écailles. ) par refixage refixage Le refixage est l’opération permettant de redonner de la cohésion à un ensemble couche picturale/préparation seulement, ou un ensemble plus étendu de strates du tableau. Ce peut être aussi une opération permettant la reprise de clivage interne à un feuil du tableau. , mais pas les déformations elles-mêmes.

On a pu voir des tentative de restaurations de la déformations des bois (parquet coulissant, cloutage...) donnant plus ou moins de bon résultat, il est, le plus souvent préférable, de laisser le support dans son nouvel équilibre que de tenter de revenir dessus, le cas échéant, mieux vaut prendre l’avis d’un spécialiste (ébéniste) et lui confier le tableau après cartonnage.

Les autres altérations des supports bois sont les attaques biologiques en générale (champignons, insectes...). Il est le plus souvent nécessaire dans ces cas d’agir de deux façons :

  • détruire ce qui attaque le bois à l’aide d’un fongicide approprié
  • puis consolider les faiblesses occasionnées par ces attaques à l’aide de résine (le plus souvent en injection).

Les supports toiles

Toile ayant subi une forte déchirure

Toujours plus ou moins liées à l’hygrométrie, les altérations des supports toile tiennent principalement dans les déformations importantes qu’elles peuvent subir. On peut aussi considérer les altérations accidentelles (chocs accompagnés de déformations ou de trous et déchirures), ou dues à des interventions humaines (transposition transposition Les transpositions sont les actions volontaires ou non conduisant la couche picturale à se déssolidariser entièrement de son support. On distingue les transpositions spontanées des transposions volontaires, ancienne technique de restauration consistant à séparer la couche picturale de son support. Devenue obsolète elle a causé de grandes dégradations et des pertes définitive d’œuvre ! bois vers toile ou toile vers toile, mauvais rentoilages, découpage, rallongement, pliage ou roulage...).
Outre la faiblesse qu’elles entraînent au niveau de la cohésion du support, ces altérations ont la plupart du temps une incidence directe sur la cohésion des différents feuil du tableau entre eux.

Autre altération possible : l’action de l’huile de la préparation (quand celle-ci est grasse) ou de la peinture (quand il n’y a pas de préparation) sur la toile. En effet, si la cellulose de la toile n’est pas parfaitement isolée de l’huile par le biais d’un encollage et/ou d’une préparation maigre, l’huile va la " cuire ", la rendant cassante en lui faisant perdre toute souplesse.

La plupart de ces dégradations sont restaurables par rentoilage (incluant le refixage refixage Le refixage est l’opération permettant de redonner de la cohésion à un ensemble couche picturale/préparation seulement, ou un ensemble plus étendu de strates du tableau. Ce peut être aussi une opération permettant la reprise de clivage interne à un feuil du tableau. ) ou par refixage refixage Le refixage est l’opération permettant de redonner de la cohésion à un ensemble couche picturale/préparation seulement, ou un ensemble plus étendu de strates du tableau. Ce peut être aussi une opération permettant la reprise de clivage interne à un feuil du tableau. et doublage, le choix de l’opération étant dicté par le tableau lui-même, le niveau de ces dégradations et le futur lieu de stockage qu’il est nécessaire de prendre en compte.

Pour les trous et déchirures ne s’accompagnant pas de déformations importantes, on peut tout simplement pratiquer une incrustation ou un collage fil à fil, le plus souvent accompagnés d’un refixage refixage Le refixage est l’opération permettant de redonner de la cohésion à un ensemble couche picturale/préparation seulement, ou un ensemble plus étendu de strates du tableau. Ce peut être aussi une opération permettant la reprise de clivage interne à un feuil du tableau. localisé autour de la dégradation.

Les altérations des autres supports

Le métal

Principales altérations, la déformation et le piquage de la peinture du fait de l’oxydation du support. La première de ces altérations ne se reprend pour ainsi dire pas, la déformation du métal, tout comme celle du bois est assimilée à la patine. Elle peut, néanmoins pour les petites déformations se reprendre, après cartonnage, par martèlement au dos. Néanmoins, les vibrations accompagnant cette opération présentent un risque pour la cohésion support / couche picturale
La seconde altération peut se reprendre par retouche au point par point pour les zones de piquage et par une retouche normale en cas de déplacage et perte de matière picturale. Il est à noter que le plus souvent, il n’est pas nécessaire de mastiquer du fait de la faible épaisseur des peintures sur métal.

La pierre

Les altération de la pierre sont le plus souvent des affaiblissement de la cohésion interne du support dus à des champignons, l’humidité ou des attaques acide.
On peut consolider la pierre par injection de résine, après traitement fongicide dans le cas des champignons.

Les cartons

On ne le dira jamais assez, ce n’est pas un bon support pour la peinture. Ses dégradations sont multiples et se reprennent difficilement, le plus souvent par consolidation par injection ou badigeon de résine et / ou doublage. Il est d’ailleurs plus prudent dans ce cas d’orienter vers un restaurateur de papier.

Les intissés

Ne subissant pas d’attaque hygrométrique, sauf présence d’eau à très forte intensité, les intissés peuvent présenter des problèmes de déchirure ou de marque de pli. Il est souvent difficile de reprendre les déformations trop marquées dans un intissé, sans avoir recourt à de très fortes chaleurs, ce que la peinture permet rarement, l’intissé étant une matière récente.

Conclusion

Les altérations du support entraînent le plus souvent des problèmes localisés ou généralisés de cohésion entre la surface et les autres strates du tableaux, alors que des problèmes de cohésions n’ont pas nécessairement comme origine une déformation du support (pulvérulence, perte de souplesse et dégénérescence des encollage...).

Quoi qu’il en soit, il est toujours nécessaire de s’assurer d’une bonne tenue du support avant de tenter de régler les problèmes de refixage refixage Le refixage est l’opération permettant de redonner de la cohésion à un ensemble couche picturale/préparation seulement, ou un ensemble plus étendu de strates du tableau. Ce peut être aussi une opération permettant la reprise de clivage interne à un feuil du tableau. et de consolidation de la cohésion de la couche picturale et/ou de la préparation, que ce soit des problèmes internes à chacune des couches ou intercouches.

Les choix de consolidation du support doivent prendre trois critères en compte :

la réaction des matériaux à l’opération
la cohérence et la compatibilité des matériaux avec ceux du tableau
le lieu futur de stockage.
Par contre l’ordre des opérations peut différer selon l’état et les autres opérations à prendre en compte, surtout avec les doublages.

Ainsi on peut avoir par exemple pour les doublages :

La seule chose certaine dans l’ordre des opérations est que la réintégration réintégration L’ expression désigne l’ensemble des opérations nécessaires à reconstituer un manque de l’image. On y distingue le masticage (première opération) qui permet d’une part la mise à niveau de la lacune (manque de peinture et éventuellement de préparation), mais aussi de reconstituer le relief de la peinture ou imprimé en elle (empâtement, coup de pinceau, grains de la toile). sera toujours l’ultime opération (en dehors du vernissage final).