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Chassériau, peintre romantique

Rétrospective

Cette rétrospective remet à l’honneur ce peintre romantique et exotique qui a été considéré comme un des artistes majeurs du XIXe siècle, dont le nom s’était éclipsé depuis l’exposition de 1857.

Introduction

Né à Saint-Domingue en 1819, cet enfant prodige entre dans l’atelier de Ingres, à Paris, à l’âge de 12 ans et à l’École des Beaux-Arts à 15 ans. Plus tard, Ingres part à Rome en 1834 laissant son élève livré à lui-même. À 17 ans il expose pour la première fois des portraits de famille au Salon de 1836.
Il présentera ses premiers chefs d’œuvre au Salon de 1839 : Suzanne au bain et Vénus marine. Il obtient une médaille puis une commande du Ministère de l’Intérieur pour Jésus au jardin des Oliviers.

Le "Bonaparte" du romantisme !

Son autoportrait de 1835, exécuté alors qu’il avait 16 ans, lui vaut la comparaison de "Bonaparte du romantisme". Ingres dit en effet de lui :
"Messieurs, cet enfant sera le Napoléon de la peinture !"
À cette époque il tâtonne, explore des pistes qu’il abandonne : sujets mythologiques, portraits et nus féminins précieux et raffinés ou un style solide et monumental ; il veut rivaliser avec les grands maîtres classiques.

Le voyage en Italie

En 1840, il part pour sept mois en Italie et rapporte des dessins, aquarelles et toiles peintes à l’huile. Il rend visite à Ingres mais ses retrouvailles marquent sa rupture avec le maître, car la doctrine de celui-ci n’a plus rien de commun avec ses aspirations.
Il cherche une autre voie, influencé par les vastes compositions romaines qui renforcent son inspiration, et se tourne vers des thèmes mythologiques et religieux.

Le retour à Paris

En 1841, il obtient la commande de la décoration de la Chapelle de Saint Merri, qu’il achève un an plus tard, suscitant l’éloge de Théophile Gautier.
Il expose ensuite en 1843 : Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus et Les Troyennes.

Delacroix, Baudelaire, Shakespeare...

Le théâtre de Shakespeare le hante et en 1844 il consacre quinze eaux-fortes à la tragédie Othello, elles seront comparées à la suite gravée Hamlet de Delacroix dont il admire les couleurs ; la comparaison de leurs recherches chromatiques révèle cependant deux univers différents.
À cette occasion, Baudelaire dira : "Monsieur Chassériau cherche à détrousser Delacroix". On connaît l’admiration que Baudelaire portait à Eugène Delacroix.

La Cour des comptes puis l’Orient

En 1844, il reçoit la commande de la décoration de la cage d’escalier de la Cour des comptes.Il en fait une œuvre humaniste. Celle-ci sera exécutée à l’huile sur enduit et devint pour les artistes parisiens une référence incontournable. Endommagé par un incendie en 1871, un cinquième de l’œuvre seulement a pu être épargné et restauré.

En 1845, il peint le portrait équestre du Khalif de Constantine Ali Ben Hamet. Invité l’année suivante en Algérie, son goût déjà affirmé pour l’exotisme et l’orient romantique se confirme. Le peintre adorera ce pays qui régénère sa vision poétique de l’Orient. Il peint alors de nombreux tableaux orientalistes.

Le fameux talent de dessinateur

Le dessin tient une place considérable dans son œuvre, il est également un bon aquarelliste. Une salle de l’exposition a été consacrée à ses gravures et dessins à la mine de plomb qui sont d’une grande beauté.
En 1853 il peint le Tépidarium. Puis ayant achevé la décoration de Saint Philippe du Roule, il expose La défense des Gaules qu’il présente à l’exposition universelle de 1855.
Malade, il part à Spa puis à Boulogne sur Mer. Son état de santé se dégradant, il rentre à Paris et meurt le 8 octobre à l’âge de 37 ans.

Son art influencera par la suite des peintres comme Puvis de Chavannes, Gustave Moreau, Gauguin, Matisse et bien d’autres.

La restauration des peintures murales de Théodore Chassériau -par Alix Dumielle

Une conférence de J.-P. Cuzin, conservateur au Louvre et mesdames C. Pasquali et V. Stedman, restauratrices à l’auditorium du Louvre en mars 2002.

La restauration des fragments du décor de l’escalier de la Cour des comptes au Palais d’Orsay s’est déroulée entre mars 2001 et décembre 2001 .
Ce décor était constitué de 15 panneaux à l’huile sur enduit peints par Théodore Chassériau entre 1844 et 1848. Endommagé par l’incendie du Palais en 1871, un cinquième des peintures fût découpé en blocs et déposé en 1898 (en découpes de 0,60 X 1 m), lors de la destruction de l’édifice.
Les fragments donnés au Louvre ont subi une inondation puis furent transposés sur toile et restaurés en 1930. Trois d’entre elles ont été "dérestaurées" en 1980 pour une reprise de transposition transposition Les transpositions sont les actions volontaires ou non conduisant la couche picturale à se déssolidariser entièrement de son support. On distingue les transpositions spontanées des transposions volontaires, ancienne technique de restauration consistant à séparer la couche picturale de son support. Devenue obsolète elle a causé de grandes dégradations et des pertes définitive d’œuvre ! du support.

Les six compositions, dont trois grisailles qui viennent d’être restaurées ont été exposées lors de la rétrospective Chassériau du Grand Palais.
La restauration a constitué à faire des refixages localisés, à préserver en partie les restaurations esthétiques de 1930 pour n’entreprendre que la restauration conservative et une remise en ordre esthétique de la coche colorée.

Cette restauration particulièrement compliquée a exigé une collaboration permanente avec les conservateurs puisqu’il a fallu traiter au cas par cas ces six œuvres qui ont subi tant de préjudices.