Ces problèmes concernent la restauration conservative : la perte de cohésion d'un tableau (des différentes strates entre elles) ou la dégradation du support entraînent nécessairement un danger pour la survie même du tableau. D'une manière générale les altérations du support sont de trois ordres :
Toile ayant subi un fort déplacage
Comme nous l'étudions dans les "défauts d'aspects des peintures et des vernis", les pertes de cohésion dues au vieillissement naturel sont liées à la dégénérescence des encollages ou de la préparation. Dans les cas où cela est possible, on restaure ces problèmes par le biais de rentoilage (pour les supports déformés ou affaiblis) ou par refixage généralisé par le dos ou la face (selon le support) avant doublage. S'il n'y a pas besoin d'une consolidation du support, on pratique exclusivement le refixage. On voit en cela que les rentoilages traditionnels induisent le refixage dans la mesure où l'adhésif pénètre l'ensemble des couches du tableau.
Pour les pertes de cohésions due à des chocs, si ceux-ci n'ont pas atteint le support et qu'il n'ont pas entraîner de déformation trop importante, on traite par refixage localisé par la face, le fixatif choisi dépendant de la tolérance de la couche picturale à la chaleur, de sa structure et de la surface à refixer.
Tout comme les toiles, les bois sont composés de cellulose et sont donc sujets à réagir aux variations hygrométriques. Une augmentation d'hygrométrie va gonfler le bois, alors qu'un assèchement de l'atmosphère ambiante va le faire craqueler ou le fendre.
Les déformations du bois ne se restaurent pas et font partie de la "patine" du tableau, il serait en effet plus dangereux pour le tableau d'avoir ses déformations de reprises que de les laisser. On peut dans ces cas être obligé de restaurer les conséquences de ces déformations (déplacage ou soulèvement) par refixage, mais pas les déformations elles-mêmes.
On a pu voir des tentative de restaurations de la déformations des bois (parquet coulissant, cloutage...) donnant plus ou moins de bon résultat, il est, le plus souvent préférable, de laisser le support dans son nouvel équilibre que de tenter de revenir dessus, le cas échéant, mieux vaut prendre l'avis d'un spécialiste (ébéniste) et lui confier le tableau après cartonnage.
Les autres altérations des supports bois sont les attaques biologiques en générale (champignons, insectes...). Il est le plus souvent nécessaire dans ces cas d'agir de deux façons :
Les supports toilesToujours plus ou moins liées à l'hygrométrie, les altérations des supports toile tiennent principalement dans les déformations importantes qu'elles peuvent subir. On peut aussi considérer les altérations accidentelles (chocs accompagnés de déformations ou de trous et déchirures), ou dues à des interventions humaines (transposition bois vers toile ou toile vers toile, mauvais rentoilages, découpage, rallongement, pliage ou roulage...).
Outre la faiblesse qu'elles entraînent au niveau de la cohésion du support, ces altérations ont la plupart du temps une incidence directe sur la cohésion des différents feuils du tableau entre eux.
Autre altération possible : l'action de l'huile de la préparation (quand celle-ci est grasse) ou de la peinture (quand il n'y a pas de préparation) sur la toile. En effet, si la cellulose de la toile n'est pas parfaitement isolée de l'huile par le biais d'un encollage et/ou d'une préparation maigre, l'huile va la "cuire", la rendant cassante en lui faisant perdre toute souplesse.
Le métal : principales altérations, la déformation et le piquage de la peinture du fait de l'oxydation du support. La première de ces altérations ne se reprend pour ainsi dire pas, la déformation du métal, tout comme celle du bois est assimilée à la patine. Elle peut, néanmoins pour les petites déformations se reprendre, après cartonnage, par martèlement au dos. Néanmoins, les vibrations accompagnant cette opération présentent un risque pour la cohésion support / couche picturale
La seconde altération peut se reprendre par retouche au point par point pour les zones de piquage et par une retouche normale en cas de déplacage et perte de matière picturale. Il est à noter que le plus souvent, il n'est pas nécessaire de mastiquer du fait de la faible épaisseur des peintures sur métal.
La pierre : les altération de la pierre sont le plus souvent des affaiblissement de la cohésion interne du support dus à des champignons, l'humidité ou des attaques acide.
On peut consolider la pierre par injection de résine, après traitement fongicide dans le cas des champignons.
Les cartons : on ne le dira jamais assez, ce n'est pas un bon support pour la peinture. Ses dégradations sont multiples et se reprennent difficilement, le plus souvent par consolidation par injection ou badigeon de résine et / ou doublage. Il est d'ailleurs plus prudent dans ce cas d'orienter vers un restaurateur de papier.
Les intissés : ne subissant pas d'attaque hygrométrique, sauf présence d'eau à très forte intensité, les intissés peuvent présenter des problèmes de déchirure ou de marque de pli. Il est souvent difficile de reprendre les déformations trop marquées dans un intissé, sans avoir recourt à de très fortes chaleurs, ce que la peinture permet rarement, l'intissé étant une matière récente.
Quoi qu'il en soit, il est toujours nécessaire de s'assurer d'une bonne tenue du support avant de tenter de régler les problèmes de refixage et de consolidation de la cohésion de la couche picturale et/ou de la préparation, que ce soit des problèmes internes à chacune des couches ou intercouches.
Ainsi on peut avoir par exemple pour les doublages :
La seule chose certaine dans l'ordre des opérations est que la réintégration sera toujours l'ultime opération (en dehors du vernissage final).
Voir aussi défauts d'aspects des peintures et des vernis
ET, les règles de conservations