Afin de palier aux inconvénients des méthodes de nettoyage que nous connaissons, nécessitant l’utilisation de produits corrosifs (pour la peinture), toxiques (pour le restaurateur), et souvent peu contrôlables de part leur rétention et leur volatilité, Richard Wolbers (chimiste à l’Université Delaware USA) a entrepris un travail de recherches et d’expérimentation pour l’Institut Getty au début des années 1980. A partir de 1991, Poalo Cremonesi (chimiste, biochimiste, restaurateur et enseignant) a entrepris les mêmes recherches pour l’Opificio delle pietre dure de Florence.
Ces recherches ont abouti à une nouvelle méthode de travail par l’utilisation de « gels de nettoyage ». En effet, nous ne sommes pas sans savoir qu’en utilisant des produits liquides (eau, solvants), ces fluides pénètrent rapidement dans les sous-couches (porosité naturelle, craquelures...) et peuvent entraîner des actions invisibles (et donc incontrôlables) dans les sous-couches de la peinture (gonflements, ramollissements, sensibilisations à moyen et longs termes). En pratiquant les nettoyages à l’aide de ces gels, on peut donc palier aux problèmes classiquement rencontrés et trouver de nombreux avantages :
Le problème posé par ces expérimentations était de savoir si les résidus laissés en surface pouvaient modifier à terme la constitution des couches picturales et si leur réversibilité était toujours effective malgré leur encapsulation dans les vernissages ultérieurs des oeuvres. Ce n’est qu’à l’automne 2000 que la publication des résultats issus des examens de ces résidus sur des oeuvres nettoyées à base de ces gels furent publiés. Les oeuvre nettoyées au milieu des années 1980, sur lesquelles des prélèvements ont été effectués, puis soumis à des tests de vieillissement prématurés (rayonnements d’UV et action de différents gaz polluants) ont permis d’affirmer qu’après plusieurs décennies, les résidus étaient quasiment insignifiants, toujours réversibles dans les vernis et n’avaient modifié en rien la constitution picturale.
L’eau : H2O (1 atome d’Oxygène + 2 atomes d’Hydrogène) peut déclencher des actions physiques sur des matériaux solides.
Ex : le sucre et le sel : dissolution simple de ces derniers dans l’eau et des actions chimiques par ionisation (gonflement et solubilisation) de matériaux polarisables
Ex : en restauration les protéines (gélatines/colles animales, caséine, blanc d’oeuf) et les polysaccharides (amidon, cellusose, gommes arabiques) tant acides que basiques.
Expérimentation : Temps de rétention et d’évaporation moyen de l’eau sur une peinture (cf Masschelein Kleiner IRPA : Echantillon sur un tableau de 1873) :
Toile de lin, préparation grasse, bleu cobalt, vernis damar :
100% à Temps 0
75% de rétention à 1 heure
5% à 1h20mn
0% à 12h
Les éventuels dégâts consécutifs aux dégâts des eaux sont donc manifestes, à 75%, dans la 1ère heure qui suit l’apport d’humidité (direct ou indirect). D’où l’importance de tests d’humidité dans le diagnostic et l’observation des conséquences éventuelles dans les premières heures du test. L’eau est donc redoutable, non pas à cause de sa rétention, relativement limitée dans le temps, mais à cause des interactions qui peuvent être très dangereuses sur les matériaux constitutifs de oeuvres peintes (encollages, préparations maigres, toiles réactives et/ou au tissage trop serré).
L’utilisation de l’eau doit être donc justifiée avant toute intervention (cf le diagnostic)
Utiliser l’H2O sous forme de gel pour limiter les interactions éventuelles, localiser l’action de surface et aussi pour tous travaux d’accès difficiles (sculptures, murs peints, plafonds) de très grands formats (sur lesquels on ne peut que travailler verticalement), et sur les oeuvres contemporaines aux empâtements ou superpositions de matériaux très particuliers (collages...).
L'échelle de Ph (Potentiel Hydrogène) va de 0 à 14.
• L’eau pure (désionisée), qui sert de référence, a un Ph de 7 (neutre)
• Acide de 0 à 7 : Ex : l’acide acétique (vinaigre ) Ph 4,75
• Basique de 7 à 14 : Ex : l’alcali ou l’ammoniaque pur Ph 11,3, le décon Ph 13
Tous les matériaux naturels (protéines : colles animales, oeuf, caséines, scories… / polysaccharides : farines, gommes végétales / hydrocarbures : résines naturelles et huiles) deviennent en vieillissant plus acides (< 7) ce qui provoque :
• L’oxydation :
La formation de groupes carboxyliques acides). Cette même oxydation provoque le jaunissement, le roussissement, le brunissement des résines composantes de vernis et la modification chromatique de certains pigments originaux ainsi que celle des (anciennes retouches, repeints et surpeints). Cette oxydation conjuguée à l’action de l’air et de la lumière, entraînera donc le constat que : la surface du tableau sera plus acide que l’intérieur.• Le nettoyage :
Pour sensibiliser la surface acide, on va donc chercher à provoquer une réaction physique (gonflement ou dissolution) du matériau oxydé (vernis, surpeints, pollution grasse acide...). On utilisera donc une base (Ph supérieur à 7) pour attaquer les liaisons acides et provoquer ainsi une réaction moléculaire. Si le résultat est souvent probant en surface, les couches internes risquent d’être modifiées également (alors qu’elles ne devraient pas être atteinte car peu ou pas oxydées) ce qui peut provoquer un gonflement non contrôlé et le risque immédiat d’usures de la couche picturale alors des usures !!!
Huiles :
Donc, si on utilise un produit à Ph supérieur à 8,5, on a un risque (d’autant plus grand que la peinture est jeune) de faire gonfler (donc d’user) le film de peinture.
L’huile, + hydrophyle (affinités avec l’eau) que la résine des vernis (hydrophobe) commence son gonflement à partir de Ph 8 ,5 (huile jeune).
Toujours travailler dans le domaine du Ph entre 5 et 9 (minimum et maximum) de manière à réduire le plus possible les interactions sur les éléments constitutifs de la peinture.
Vernis :
Résine végétale (damar, mastic, copal) + eau : pas de gonflement mécanique mais (ionisation) chimique d’environ 50% des molécules : microfissuration, chancis, délamination ou formation de sels (blooming)
Peintures murales :
Sur les peintures murales, les fonds sont principalement composés de Carbonate de Calcium (CaCO3). Ce dernier dans l’eau donne un acide : l’acide carbonique. On travaillera donc dans une zone de sécurité plus basique : Ph 6,5 à 10,5 maximum.
Pas facilement contrôlable car le Ph fonctionne sur une échelle logarythmique : ajout d’un 0 à chaque graduation.
Exemples :
• Ph 7 neutre (eau pure)
• Ph 6 : 10 fois plus acide
• Ph 5 : 100 fois plus acide
• PH 4 : 1000 fois plus acide etc...• Ph 8 : 10 fois plus basique
• Ph 9 : 100 fois plus basique
• Ph 10 : 1000 plus etc...
La solution tampon a un Ph qui reste fixe même si on ajoute (en petites quantités), un acide, une base ou de l’eau. Ces solutions tampons permettront également une action stable et constante des produits actifs.
Ex : avec certains produits, on a une action instantanée très rapide suivie d’un décroissement très rapide de l’action engagée. Si on utilise une solution active tamponnée, on aura alors une action stable et constante.
Solutions tampons vendues dans le commerce toutes prêtes se mélangent entre elles pour obtenir le Ph désiré
4 Buffers : 5,5 / 6,5 / 7,5 / 8,5
Variation de 0,5 maximum 5 à 9
Ph 4 / 7 / 10
Pour réduire le coût : On peut les fabriquer soi-même :
Attention : respecter exactement les dosages sinon modification du Ph !
Préparer à l’avance :
- La solution basique (cf NaOH : hydroxyde de Sodium / soude caustique Ph 14) 100 d’eau pure + 4 gr de NaOH : Ph 13.5
- La solution acide (cf HCl : acide chlorydrique Ph 0.3) 15 ml d’eau pure + 1ml de Hcl : pH 0.5
Préparer 4 solutions-tampon de Ph différents : 5,5 / 6,5 / 7,5 / 8,5 (cf zone de sécurité)
On pourra donc utiliser ces Buffers pour les nettoyages (décrassages et dévernissages) sans risque pour la C.P.
5,5 / 6,5 / 7,5 / 8,5
On peut ajouter a ces solutions tampons un agent "chélatant". Le « chélateur » (- Chel / pince - en grec) va enrober les dépôts de surface et les garder dans ses particules (cf eaux dermatologiques nettoyantes). Effet "antiredéposition".
Autre mécanisme pour expliquer l’action nettoyante.
Les chelates peuvent agir comme des agents anti-statiques, permettant le détachement de particules de salissure et empêchant leur redéposition à la surface
- Les éthers de cellulose (Methylan, Tylose, Klucel, Natrosol, Culminal...)
- L’acide polyacrylique (Carbopol, Ultrez...)
- L’agarose (Agar-Agar)
De Ph neutre (7), produisent un gel de moyenne viscosité (dosage 4 à 5 gr de poudre dans 100 ml d’eau).
Klucel (hydrypropylcellulose) : a le meilleur vieillissement : pas de jaunissement, peu hygroscopique après séchage, peu de résidus, pas de biodétérioration et le plus stable dans le temps (recommandé par Crémonési).
Ethylcellulose (EC) / Tylose, / Méthylcellulose (colles à papier peint), ont une moins bonne conservation (liquéfaction possible par développement de bactéries), un léger jaunissement et laissent des résidus plus important. Nécessaire pourtant pour la mise en suspension de mélanges de solvants contenant plus de 30 % de solvants peu polaires (cétones : MEK, esters : éthyle lactate, hydrocarbures aliphatiques : W.S,ligroïne).
Solution acide qui doit s’utiliser avec une base tensio-active (Ethomeen) pour obtenir une forme gel (réaction acido-basique). 10 fois plus épaississantes que le Klucel (faible quantité pour même consistance), moins adhésives sur la surface. Utilisé dans les tests du Getty et sert à l’élaboration de la méthode des "Solvants gels de Richard Wolbers". Mais il peut laisser des résidus acides en surface (normalement détruits par les UV).
Polysaccharide de structure complexe extrait d’algues Rhodophyceae
Poudre blanche de nature basique (Ph 9)
Produit coûteux si pur (agarose) ou contenant des impuretés (agaropectine dans Agar-Agar)
Grande faculté de capillarité mais difficile à préparer (2gr / 100ml d’eau chaude à 80°. Tenir au chaud 15mn, laisser refroidir pour utilisation à 35°). Se conserve quelques semaines au frigo dans récipient hermétique propre.
A ces gels, on peut rajouter un tensio-actif (à la goutte : fiel de boeuf, ethomeen, New Des...) pour favoriser l’application et l’homogénéité de travail de surface).
Gels 5,5 / 6,5 / 7,5 et 9 (vérifier avec le Ph mètre/papier si nécessaire)
Recette ancestrale de l’école de Florence (Italie), à base de cire d’abeille
- 500 gr de cire d’abeille blanchie
- 750 ml d’eau distillée
- 1,2 gr d’acide stéarique
Au bain marie faire fondre la cire, émulsionner avec l’eau distillée chaude et l’acide stéarique, battre jusqu’à émulsion complète.
Nota : on y rajoute 12 ml d’ammoniaque à 30 % pour obtenir une action basique. Laisser refroidir. Se conserve dans récipient hermétique.
Avantage : légèrement basique, en bonne compatibilité avec les cires naturelles et les vernis durs (mastics, copal...), bonne conservation.
Inconvénients : complexe à préparer, opaque et coloré, odorant
- 10 ml d’H2O
- 4 mL de Tween 20 (tensio-actif) à mélanger simplement ; puis ajouter, tout doucement, petit à petit :
- 90 ml de white spirit ou d’essence de pétrole désaromatisée (- toxique) ou de ligroïne.
Se conserve longtemps dans récipient fermé, à température ambiante (si le flacon reste ouvert, remontée de solvant à la surface, il suffit de remélanger vigoureusement).
A cette émulsion grasse, on peut ajouter des acides (acétique / vinaigre blanc) ou une base (T.E.A/TriEthanolAmine) pour préciser l’action désirée selon le matériau à attaquer.
Action : poser (pinceau) / laisser agir (secondes, minutes) / essuyer a sec (coton) / rincer au W.S.
Liste des phases de risque (phrases R)R1 Explosif à l'état sec |
Liste des conseils de prudence (Phrases S)S1 Conserver sous clé |
Solvants les moins toxiques |
||
Solvant |
Limite d'exposition |
|
ppm |
mg/m3 |
|
| Méthanol Éthanol n-Propanol Isopropanol sec-Butanol Isoamyl Alcool Acétone Ethylméthylcétone Diéthylcétone Isopropylméthylcétone n-Amylméthylcétone Méthyl Acétate Éthyl acétate n-Propyl Acétate Isopropylacétate n-Butyle acétate sec-Butylacétate Isobutylacétate n-Amyle Acétate sec-Amyle Acétate Isoamylacétate Térébenthine Toluène Xylène Cyclohexane Hexanes (isomère) |
200 SK 1000 200 SK 400 100 100 250 200 200 200 100 200 400 200 250 150 200 150 100 125 100 100 100 100 300 100 |
260 SK 1900 500 SK 980 305 360 590 590 705 705 465 610 1400 840 950 710 950 700 525 650 525 560 375 435 1050 350 |
Solvants les plus toxiques |
||
Solvant |
Limite d'exposition |
|
ppm |
mg/m3 |
|
| n-Butanol Isobutanol Diacétone alcool Dipropylcétone Butyléthylcétone Méthylisobutylcétone Diisobutlcétone Mineral Spirit n-Hexane n-Heptane Amoniac (gas) |
50 C SK 50 50 50 50 50 25 100 250 200 25 |
150 SK 150 240 235 230 205 150 360 590 590 18 |
Le risque majeur qui concerne les restaurateurs est dû à l’inhalation. Les mesures de contrôle sanitaire et médicaux sont inexistant chez les indépendants, c’est donc au restaurateur lui-même de veiller à prendre toutes les mesures de sécurité pour lui et son entourage (ex : travail à son domicile). Dans un futur assez proche, l’utilisation, dans l’industrie et la vente dans le commerce seront de plus en plus réglementées (cf Europe), les solvants considérés comme les plus dangereux seront proscrits (ex : peintures industrielles à l’eau (acryliques) et plus d’aromatiques).
On peut donc, dés aujourd’hui se tourner vers le choix des solvants les moins toxiques :
Il faut se référer aux listes établies pour les chimistes qui calculent les ppm (parties par million), correspondant à la limite d’exposition recommandée : concentration moyenne de vapeur de solvant dans l’air à ne pas dépasser pour une semaine de travail (40 h).
Donc, aujourd’hui, le choix se portera plutôt sur l’utilisation de vernis aux résines synthétiques (Regalrez) diluée dans la ligroïne (éther de pétrole).
Résines naturelles |
|||||||||
Nom |
Origine |
Présentation |
Diluant |
Mode de préparation |
Adjuvant |
Temps de séchage (selon porosité) |
Indice de réfraction |
Vieillissement |
Réversibilité |
| Résine Mastic |
Végétale, Ile Chios, depuis l'antiquité. Ref. bibliogra-phiques dès le XIIè siècle |
Larmes jaunes transparentes | Essence de térébenthine rectifiée | 10 à 20% de résine sèche (en poids) à froid |
Huile de lin siccative (sels de plomb), cire d'abeille, colorant | De 8 heures à 8 jours | Très brillant |
Sensible à la chaleur (ramolissement à 35°), friable (farinage), craquèle, crevasse rayable, jaunissement à roussissement. Couteux |
3A, 2A, Alcool |
| Résine Dammar |
Végétale, Malaisie (Asie du Sud-est) dès 1820 | Cristaux transluci-des jaunes à ambrés avec inclusion d'impu-retés (qualité de A à H : gros-seur et puretés) | Essence de térében-thine rectifiée | 10 à 20% de résine sèche (en poids) à froid, filtrer les impuretés |
Huile de lin siccative (sels de plomb), cire d'abeille, colorant | De 8 heures à 8 jours | Très brillant |
Film dur et sensible à la chaleur (ramolissement à 60°), craquèle, jaunissement selon coloration original. Bon marché. | 2A à 3A |
Résines synthétiques |
|||||||||
Nom |
Origine |
Présentation |
Diluant |
Mode de préparation |
Adjuvant |
Temps de séchage (selon porosité) |
Indice de réfraction |
Vieillissement |
Réversibilité |
| Para- loïde B72 |
Acrylique depuis les années 80 | Billes transparentes | Diacétone alcool |
10 à 20% de résine sèche (en volume) |
Silices (satiné de Sennelier) | De 2 à 10 heures | Très brillant |
Film dur et souple, très protecteur, réversibilité moyenne. Résistance à la chaleur : 80°. Bon marché | 2 à 3A |
| Régalrez 1126 |
Prêt à l'emploi : Gloss ou Matt Base de 15% de résine sèche. |
Essence de pétrole | On peut mélanger les 2 poyurs pour un aspect satiné | Cire cosmoloïde, silices, Kraton (UV) et Tinuvin (stabilisant) | De 30 mn à 6 heures | Brillant | Bon nivellage de la CC, film dur et solide, ramolis-sement à 95°, bonne barrière aux UV, haute stabilité. Très grande réversibilité (att. ragréage mastic W.S.). Couteux. | White spirit à 2I | |
| Laropal A 81 | Urée-aldéhydes | Lentilles blanchâtre | White Spirit 90% cyclohexa-ne + 10% toluène | Dilution à froid | Cire cosmoloïde, silices, Tinuvin (stabilisant) | 6 à 10 heures | Très brillant |
Excellent pouvoir nivellant, ramolissement à 80° haute résistance au jaunissement, très réversible. | White spirit à 2I |
| Isolating Varnish BEVA |
Ethyl Vynil acétate | Prêt à l'emploi | Alcool, acétone, toluène éther | En pulvérisation | Aucun | Quelques minutes à 2 heures | Très mate |
À n'utiliser qu'en intermédiaire. Compatible avec toutes les résines naturelles ou synthétiques. Incolore, peu réversible, coûteux. | 3A doux à fort, 2a, toluène |
Ligroïne : Mélange de différents hydrocarbures. Remplaçant du White Spirit.
Ethyle lactate : solvant « écologique ». Famille Ester/Alcool. Polaire. Peu volatil. Ce dernier remplacera avantageusement le diacétone alcool (ppm 50 !) dans la dilution du paraloïd (médium pour la retouche). Paraloïd 20/ Ethyle Lactate 70 / M.E.K 10
Nota : Le mélange E.L 80 /M.E.K 20 (E.L.M ?) pouvant servir pour les allègements, dévernissages, régénération des vernis durs et la sensibilisation de repeints anciens...
Dyméthylsulfoxyde (D.M.S.O) : alternative au D.M.F car moins toxique mais rétention beaucoup plus longue (résidus de 50 % à 5 jours au lieu de 12h).
Ethyle Acétate : à utiliser pour réduire l’action du DMSO (5/10/20) à la place du toluène.

Solvant organique volatil : liquide se transformant en vapeur dans l’atmosphère.
Quand on applique un solvant organique volatil sur un corps poreux, on peut constater un processus en 3 étapes :
Ces derniers sont préférables car ils ont une action physique - limitée entre les molécules- et seront donc moins agressifs que des solvants acides ou (basiques). Ils ne modifieront pas l’organisation des molécules et ne risqueront donc pas d’entraîner des ruptures adhésives ou des modifications pigmentaires.
• Alcools (éthanol dénaturé 95°...)
• Cétones (M.E.K...)
• Esters (Ethyle Acétate)
• Hydrocarbures (Ligroïne)
En utilisant, pour le nettoyage, ces solvants (purs ou en mélanges) on provoquera donc un gonflement des résines qui permettront un allègement progressif des vernis oxydés et des surpeints récents.
On va donc utiliser des solvants appropriés (stables et faiblement toxiques) pour préparer un certain nombre de mélanges.
Ces solvants vont avoir une action chimique. Ils vont pouvoir :
- Rompre les liaisons protéiniques (tempéra : gélatine, caséïne, oeuf...), les polysaccharides (amidon, cellulose, gommes...), matériaux insensibles aux solvants neutres.
- Dissoudre les huiles réticulées (par la présence de fer ou d’aluminium dans certains pigments) ou plus anciennes (de moins en moins sensibles aux solvants neutres.
Famille des amides : Formamide, Diméthylformamide, Diméthylsulfoxyde (le moins toxique donc préférable).
DMF : évaporation partielle 50% à 12h. 40% à 15h. et à 95% à 40 jours, le DMSO à 60 jours !!!
DMSO : moins toxique mais plus dangereux pour l’oeuvre !
On évitera donc d’utiliser ces solvants purs mais on les diluera avec le solvant polaire neutre très volatil le plus approprié : l’Ethyle Acétate.
Cf : l’azéotropie (faculté d’un solvant à favoriser l’évaporation d’un autre).
En dernier recours, il reste la gamme de solvants acides ou basiques. Ces derniers ne sont pas à prendre en considération mais il faut néanmoins les citer pour des cas extrêmes. Ils sont trop toxiques (pour les restaurateurs) et trop corrosifs pour les oeuvres d’art.
• Solvants acides : acide formique et acide acétique glacial (pur)
• Solvants basiques ou alcalins : Pyridine et n-Butylamine
Il sera toujours plus prudent de les utiliser en dilution dans l’eau (attention aux projections éventuelles lors de la préparation des mélanges !!!)

Voir les courbes de rétention des :
Dans le choix du solvant destiné à une action sur une résine, les paramètres les plus importants sont ceux qui définissent la polarité.
La Polarité peut être exprimée par la valeur Fd.
Mr Teas a pu établir différents paramètres (forces) caractérisant les solvants :
- Les forces polaires : Fp (liaisons plus polaires)
- Les liaisons hydrogènes : Fh
- Les forces non polaires : Fd (liaisons moins polaires)
Chaque force pouvant se situer sur une échelle de 1 à 100. Selon son barème, on peut donc placer les solvants à l’intérieur du Triangle.
On a pû ainsi établir une prévision de zones de solubilité des substances filmogènes naturelles (résines, vernis, huiles...) et faire une sélection des solvants appropriés en choisissant le moins toxique dans une même zone. Pour des raisons de sécurité, les solvants appliqués doivent être exclusivement choisis parmi ceux listés dans la table suivantes.
Solvant |
Fd |
Fp |
Fh |
N° |
Solvants les moins toxiques (rel>100ppm) - utilisation quotidienne |
||||
| Ligroine Cyclohexane n-Butyle Acétate n-Propyle Acétate Diéthylcétone Méthyléthylcétone` Éthyle Acétate Acétone Méthyle Acétate n-Propanol Isopropanol Éthanol |
97 94 60 57 56 53 51 47 45 40 38 36 |
2 2 13 15 27 30 18 32 36 15 17 18 |
1 4 27 28 17 17 31 21 19 44 45 46 |
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 |
Solvants toxiques (rel 10-100ppm) - utilisation occasionnelle |
||||
| Minéral Spirits Toluène Térébenthine Limonène Isoamylacétate Isobutylméthylcétone Alcool benzylique Diacétone alcool Éthyl Lactate n-Butanol |
90 80 77 75 60 58 48 45 44 43 |
4 7 18 20 12 22 16 24 21 15 |
6 13 5 5 28 20 36 31 35 42 |
13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 |
Détermination expérimentale de la zone de solubilité d’un matériel solide, (Ex : Gomme - Laque)
Un certain nombre de solvants totals et partiels sont appliqués sur le matériel. En unissant les différents points (Solvants et partiels ) On détermine la zone de solubilité.
Protéïnes polysaccharides ![]()
Résines naturelles ![]()
Huiles âgées ![]()
Huiles ![]()
Cires ![]()
ID |
Solvant |
Fd |
Fp |
Fh |
|
| 1 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 15A 15B 16 17 18 19 20 21 22 22A 23 23A 24 25 26 26A 26B 27 28 29 30 31 31A 32 32A 32B 33 33A 34 35 36 36A 37 38 38A 39 40 41 42 43 44 45 46 47 47A 47B 47C 48 49 50 51 52 52A 53 53A 54 55 56 56A 57 58 59 59A 60 61 62 63 64 65 66 67A 68 69 70 71 |
Méthanol Éthanol n-propanol n-butanol 1-pentanol 2-éthyl butanol 2-éthyl hexanol Méthyl isobutyl carbinol Propylène glycol Éthylène glycol 1,3-butanediol Glycérol Cyclohexanol m-cresol Éthyl lactate n-butyl lactate Diethylène glycol Dipropylène glycol Butyl cellosolve Méthyl carbitol Cellosolve solvant Diacétone alcool Cellosolve acetate Méthyl cellosolve Diéthyl ether Furen Dioxane Méthylal Diéthyl sulfide Carbone disulfide Diméthyl sulfoxide Propylène carbonate y-butyrolactone Acétone Méthyl éthyl cétone Méthyl isobutyl cétone Méthyl isoayl cétone Diisobutyl cétone Isophorone Acétophénone Cyclohexanone Tétrahydro furane Mésityl oxide Éthyl acétate n-Butyl acétate Isoamyl acetate Isobutyl isobutyrate Acetonitrile Butyronitrile Nitrométhane Nitroéthane 2-nitropropane Aniline Nitrobenzène Éthanolamine Diméthyl formamide Dipropyl amine Diéthyl amine Morpholine Cyclohexyl amine Pyridine Carbone tétrachloride Chloroforme Éthylène chloride Méthylène choride 1,1,1-trichloréthane 1-chlorobutane Trichloréthylène 2,2-dichloréthyl éther Chlorobenzène o-dichlorobenzène a-bromonaphtalène Cyclohexyl chloride Benzène Toluène Éthyl benzène Xylène Styrène Tétralin Héxane Cyclohéxane Eau Acide acétique acide formique acide Butyrique Benzaldéhyde Acetic anhydride Formamide 1,2-dichloroétane |
14,30 12,92 11,97 11,30 10,60 10,38 9,85 9,72 14,80 16,30 14,14 21,10 10,95 11,10 10,50 9,40 14,60 15,52 10,25 10,80 11,88 10,18 9,60 12,06 7,62 9,09 9,74 8,52 8,46 9,97 12,93 13,30 12,78 9,77 9,27 8,57 8,63 8,17 9,71 9,68 9,88 9,52 9,20 9,10 8,46 8,32 7,80 11,75 9,96 12,06 11,09 10,02 11,04 10,62 15,48 12,14 7,79 7,96 10,52 9,05 10,61 8,65 9,21 9,76 9,93 8,57 8,44 9,28 10,33 9,57 9,98 10,25 8,99 9,15 8,91 8,80 8,80 9,30 9,50 7,24 8,18 23,50 10,35 12,15 11,30 10,40 10,85 |
31 36 40 43 47 48 53 51 39 32 35 26 50 49 44 52 25 30 46 44 43 37 50 39 67 65 58 57 66 86 37 48 43 50 53 56 58 67 52 58 56 55 55 51 60 60 63 41 48 41 47 58 55 59 31 41 72 62 53 63 56 85 67 63 59 68 66 68 54 70 69 68 68 76 78 80 82 76 83 96 94 19 40 33 53 57 36 28 67 |
23 19 16 14 12 10 6 7 15 17 17 22 12 17 23 22 30 25 20 22 20 29 34 22 23 12 28 32 26 7 33 43 36 37 30 23 22 16 25 25 22 22 24 17 16 27 22 43 39 46 42 33 21 29 32 32 12 19 21 15 22 2 10 23 20 17 23 12 37 15 15 18 24 7 6 5 6 9 4 2 2 22 19 20 13 16 37 42 19 |
46 45 44 43 41 42 41 42 46 51 48 52 38 34 33 26 45 45 34 34 37 34 16 39 10 23 14 11 8 7 30 9 21 13 17 21 20 17 23 17 22 23 21 37 24 13 15 16 13 13 11 9 24 12 37 27 16 19 26 22 22 13 23 14 21 15 11 20 9 15 16 14 8 17 16 15 12 15 13 2 4 58 41 47 34 27 27 30 (43) 14 (43) |

Mélange |
% Volume |
Paramètre de Solubilité |
||||
N |
Ligroine |
Acétone |
Éthanol |
Fd |
Fp |
Fh |
| L LA1 LA2 LA3 LA4 LA5 LA6 LA7 LA8 LA9 A LE1 LE2 LE3 LE4 LE5 LE6 LE7 LE8 LE9 E AE1 AE2 AE3 |
100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 90 80 70 60 50 40 30 20 10 |
0 |
10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 25 50 75 |
97 92 87 82 77 72 67 62 57 52 47 91 85 79 73 67 60 54 48 42 36 44 42 39 |
2 5 8 11 14 17 20 23 26 29 32 4 5 7 8 10 12 13 15 16 18 29 25 21 |
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 5 10 14 19 23 28 33 37 42 46 27 33 40 |
3A doux : Ligroïne 50 / Acétone (MEK) 25 / Ethanol 25 : LAE doux
3 A fort : Ligroïne 33 / Acétone (MEK) 33 / Ethanol 33 : LAE fort
ELM80 : Ethyl lactate / 80 / M.E.K. 20
Ethyle Acétate / DMSO
DMSO 5 : 95/5
DMSO 10 : 90/10
DMSO 20 : 80/20
DMSO 30 : 70/30
DMSO 50 : 50/50 : de façon occasionnelle seulement car blanchiment de surface (condensation et dissolution partielle de la couche superficielle (évaporation trop rapide des résidus sensibilisés).
Tous ces solvants et mélanges de solvants peuvent être utilisés sous forme de gels. L’épaississant variera en fonction de la polarité des solvants ou des mélanges de solvants.
Les polaires : dans le klucel (de 2 à 10g / 100 ml) :
Rinçage : solvant polaire le plus volatil (jamais d’hydrocarbure (W.S ou ligroïne) pur qui risquerait de faire pénétrer au lieu d’évaporer. Utiliser Ethyle Acétate ou LA5 ou LE2.
Les solvants moins polaires : dans l’Ethylcellulose (EC) (de 2 à 10g / 100 ml)
- Cétones (MEK)
- Esters (ethyle acétate)
- Hydrocarbures aromatiques (W.S,ligroïne)
- Et tous les mélanges contenant plus de 25 % de ces solvants
Ex : DMSO/Ethyle Acétate : DMSO inférieur à 35% utiliser l’EC (éthyle cellulose)
Rinçage : hydrocarbures (W.S ou ligroïne)
Le carbopol (épaississant) + l’ethomeen C-12 ou C-25 (tensio-actif renforçant l’action du solvant) choisi en fonction de la polarité.
C-25 : solvants polaires
C-12 : solvants moins polaires
Solvants polaires |
Solvants moins polaires |
- 20 ml Ethomeen C-25 Rinçage : Hydrocarbures (ligroïne) |
- 20 ml Ethomeen C-12 Rinçages : MEK 50 / ligroïne 50 % : LA5 |
Verser le carbopol dans l’ethomeen puis l’eau (respecter scrupuleusement les proportions),
Mélanger (idéal au mélangeur) jusqu’à épaississement (quelques mn).
Quand on observe l’épaississement, verser progressivement le(s) solvant(s) et continuer de mélanger pour obtenir la consistance désirée.
