
Cette charte a été élaborée dans le but d'établir des critères éthiques et pratiques du métier de restaurateur dans le domaine du patrimoine artistique et historique. Elle est destinée aux praticiens de toutes disciplines, exerçant tant dans le domaine privé que public.
(1), c'est pourquoi il est nécessaire de préciser les responsabilités de celui-ci et de définir les critères d'un comportement professionnel. Si les restaurateurs veulent parler et agir avec poids et autorité, il est impératif qu'ils adoptent une attitude commune devant l'éthique et la pratique de la restauration, et que cette dernière soit reconnue par les propriétaires d'objets, les responsables des collections et toutes personnes intéressées à la préservation du patrimoine.
Toute restauration doit être pleinement documentée. Avant toute intervention un examen complet est donc à effectuer. Le restaurateur doit regrouper toute la documentation disponible afin d'établir et d'enregistrer l'état de l'objet, son histoire et les causes de son altération. Un projet de traitement doit être proposé au propriétaire ou responsable de l'objet. Les méthodes et les matériaux doivent être répertoriés sur un dossier technique et constituer une documentation accessible. Les conditions de présentation, de stockage et d'exposition doivent être prises en considération. Leur amélioration peut dans certains cas éviter l'intervention du restaurateur.
Les procédés et les produits employés doivent être choisis en fonction de leur comparabilité optimale avec l'objet et de leur stabilité dans le temps. En raison de l'évolution de la restauration, et des progrès techniques à venir, les traitements engagés respectent autant qu'il est possible le principe de la réversibilité Réversibilité : Dire qu'une intervention est réversible, signifie qu'elle doit, non seulement être considérée comme provisoire, mais aussi pouvoir se "renverser" à tout moment, y compris dans un futur plus ou moins lointain. L'avenir de l'oeuvre doit rester ouvert aux techniques et aux interventions qui nous sont ultérieures ce qui doit faire naître chez le restaurateur une humilité toujours renouvelée sur son travail.
C'est aussi la réversibilité qui assure aux interventions le respect de la vérité historique, dans la mesure où on peut toujours retrouver l'identité du tableau, dans son origine et son historicité.
C'est aussi une condition sine qua non de sécurité pour le tableau, car ce qui ne pourrait être défait pourrait, si c'est mal fait ou si c'est une erreur, poser de gros problèmes. La réversibilité est rassurante pour le restaurateur et pour le propriétaire du tableau. Globalement on évite les matériaux suivant : peintures à l'huile ou acrylique pour peintre, colle époxy (avec durcisseur incorporé ou incorporable) les mastics polyester.
Enfin, la réversibilité (et le respect de l'historicité) entraîne qu'aucune opération en dehors de l'élimination de ce qui a été rajouté sur l'oeuvre d'origine, ne peut être destructive, comme ce fut le cas lors des transpositions.. Leur action devra permettre les traitements futurs et l'accès à l'information par les examens scientifiques
Le restaurateur ne doit pas accepter d'entreprendre des travaux s'ils excèdent les limites de ses compétences, de ses moyens matériels ou s'il ne peut les mener à bien par manque de temps, d'intérêt ou pour toute autre raison. Il appartient à tout restaurateur d'étendre ses connaissances, de développer ses compétences et de se tenir informé des nouveautés techniques.
Un travail de collaboration est souhaitable. Avant tout traitement délicat le restaurateur doit rechercher et prendre en considération l'avis de ses confrères et de personnes compétentes. Il est du devoir du restaurateur de conseiller les propriétaires et responsables de collections sur les soins à apporter aux objets quant à leur manipulation.
Le restaurateur qui prend en charge des stagiaires doit avoir les connaissances, les possibilités matérielles et la disponibilité suffisantes pour assurer correctement l'apprentissage de la profession.
Le restaurateur demeure responsable des travaux pour lesquels il se fait assister ou qu'il sous-traite.
L'enseignement doit comporter le développement de la sensibilité artistique et de la dextérité manuelle, l'acquisition d'un savoir théorique concernant les matériaux et les technologies. Une formation pratique dispensée par des souhaitable de promouvoir une formation qui outre les disciplines historiques intéresse les domaines suivants : scientifiques, artistiques et techniques, étant donné qu'aucun ne prévaut sur les autres.
Toutes ces connaissances trouvent leur application dans des stages pratiques effectués auprès de professionnels compétents et responsables.
Tout restaurateur doit adopter une conduite professionnelle sérieuse, répondant aux différents critères évoqués dans cette charte en prenant conscience de l'importance capitale de sa responsabilité puisque c'est finalement lui qui porte la main sur l'œuvre d'art. Si la pratique constitue la part essentielle de son activité, elle doit être étayée par des connaissances théoriques solides. Aussi le restaurateur ou futur restaurateur soucieux de bien exercer son métier doit-il soucieux de bien exercer son métier doit-il être animé du désir d'approfondir sans cesse ses connaissances par une curiosité aigüe, que constante pour laquelle il doit se montrer très exigeant.
Son intervention guidée par la réflexion, la sensibilité et le respect absolu de l'oeuvre fait durestaurateur un acteur privilégié de la préservation du patrimoine. C'est en suscitant un dialogue ouvert avec ses confrères et les responsables des collections publiques et privées que le restaurateur contribue à améliorer et faire reconnaître sa discipline.
1. voir notre définition du métier et la définition donnée par la SEMA