
Cours annexes :

L'encrassement commence par " l'empoussiérage ". Dans le cas d'une surface lisse, la poussière glisse et se dépose moins facilement. Ainsi, le vernissage lutte contre l'encrassement.
Plus l'encrassement est important, plus il faut intervenir de façon mécanique, et/ou chimique (par exemple, l'utilisation de décon à une dilution plus ou moins élevée, que l'on neutralise par rinçage à l'eau déminéralisé). On dépasse alors le cadre de l'entretien (dépoussiérage au chiffon sec) pour entrer dans le cadre de la restauration.
Pour certains vernis (Primitifs), à base de sucre et blanc d'oeuf, vernis à l'aspect nacré, la composition de ceux-ci attire les insectes (mouches) ce qui entraîne un piquage de la couche picturale.
Les processus biologiques proviennent d'organismes, et de micro-organismes animaux ou végétaux se développant sur les pigments peu fongicides, de manière naturelle (noir de fumée, noir d'ivoire) par opposition à certains pigments naturellement fongicides comme le blanc de zinc.
Parmi les animaux, on trouve les mouches et les insectes xylophages qui se nourrissent de l'amidon contenu dans les supports bois ou toile et les organismes qui se développent dans les colles naturelles. Les bois tendres étant plus attaqués que les bois durs. Les traitements de désinfection se suivent le plus souvent d'une consolidation.
Parmi les végétaux, les champignons se développent principalement lorsque le degrés d'humidité est élevé, que l'aération et la luminosité sont restreintes et que l'on se trouve en présence d'un encrassage certains.
Tous les supports souples (bois, toile...) sont sensibles aux fluctuations hygrométriques.
Pour le bois, les entraves fixes (parquetage, cloutage, aplanissement ou cadre trop serré), sont une contrainte aux mouvements naturels du support et peuvent occasionner des ruptures de celui-ci sous forme de fissures ou de fentes pouvant aller jusqu'à l'éclatement. La sécheresse quant à elle accentue ces risques : le bois se voile alors ou se gauchit.
ON NE REVIENT PAS SUR LA DÉFORMATION DES BOIS (sauf sur certains problèmes de déplacage). Mieux le bois est préparé, moins il se déformera. Les bois utilisés au XV, XVI et XVIIè sont beaucoup plus inertes que ceux de nos jours. Ils étaient coupés, dessèvés et séchés sur deux générations (environ 40 ans) et étaient ensuite parfaitement stabilisés par encollage et préparation avant leur utilisation en tant que support à peindre.
Toujours pour les bois, on remarquera que le fendage des sculptures bois provient du fait que l'objet est creusé à la gouge.
Pour les toiles, le mouvement est continuel du fait des variations hygrométriques. Les variations de longueur de toiles peuvent aller jusqu'à 10% dans le sens de la chaîne. Le coton étant la plus fragile des toiles.

On distingue trois grands types de craquelures :
• Les craquelures d'âges (dites naturelles)
• Les craquelures prématurées (naturelles ou non)
• Les fausses craquelures.
Elles proviennent du mouvement du support et se présentent plutôt parallèles au sens du fil du bois pour les supports bois et dans celui du fil de chaîne pour les supports toile. C'est l'alternance des tensions et relâchements du support qui les occasionne.
On trouve aussi d'autres raisons, comme les tensions locales (toiles mal tendues, clés trop enfoncées, encollage trop fort, mauvais tissages ou nœuds), la nature du liant, (une peinture à l'oeuf se craquelant plus difficilement qu'une peinture à l'huile) et/ou la technique d'exécution spécifique à chaque peintre ; ainsi, l'épaisseur de la couche de préparation et son mode d'application, le mode de fabrication de la pâte, son épaisseur, ses superpositions, le rapport liant/pigment, la nature des pigments...
Enfin, les manipulations (toile démontée roulée et transportée) entraînent l'apparition de craquelures perpendiculaires au sens de roulage par exemple.
Les craquelures d'âge ne présentent pas un danger en soi, c'est simplement un nouvel état d'équilibre des matériaux de l'œuvre. Les craquelures d'âge se respectent, elles sont un éléments à part entière de la patine. Ce qui est dangereux est la possibilité d'écaillage ou de soulèvement qui résulte du réseau de craquelures, principalement dans le cas d'une mauvaise conservation. L'agissement préventif n'est pas systématique.
Viennent de la technique d'exécution, de la qualité des matériaux, le plus souvent d'un mélange des deux. Parmi les problèmes liés à la technique d'exécution, peindre maigre sur gras ou abuser de siccatif occasionne des craquelures prématurées. On trouve aussi l'excès de liant, l'expérimentation de nouveaux matériaux, une mauvaise connaissance des propriétés des pigments, l'incompatibilité entre certains matériaux.
Outre la mauvaise préparation de mauvais produit, la saleté ou l'application prématurée de vernis peuvent aussi occasionner ce type de craquelures.
Celles-ci sont le plus souvent localisées, parfois généralisées et de plus en plus fréquentes à partir de l'époque romantique (1830) du fait de l'industrialisation des produits et de la perte de pratique puis de la connaissance même du métier de peintre et de sa part artisanal.
Deux catégories de fausses craquelures :
Les fausses craquelures sont le plus souvent en surface et possèdent des bords arrondis.
La boursouflure précède l'écaillage et provient principalement du rétrécissement du support. Dans le cas ou l'écaille apparaît sans boursouflure préalable, on parle de pelliculage. Le "choc" occasionnant l'écaillage ne provient alors pas de la structure du tableau mais directement de la couche picturale. Ce type d'écaillage peut provenir d'un échauffement trop fort, de différentes tensions de surface liées au vernis trop dur ou à une colle. Dans ce dernier cas, on peut voir apparaître une boursouflure avant l'écaillage.
Pour chacun de ces cas, la technique de refixage localisé doit être étudiée attentivement afin de ne pas faire du remède quelque chose de pire que le mal.
Les écaillages et boursouflures sont fréquentes sur les bords des châssis.
Les pulvérulences proviennent toujours d'un problème au niveau du liant qui entraîne sa décomposition. Le pigment n'étant plus enrobé, la peinture perd sa cohésion et le pigment redevient poudre. La pulvérulence est un problème grave qu'il est difficile de stopper, impossible à inverser surtout si la pulvérulence provient de la préparation plus que la peinture elle-même.
Elle limite les tentatives de nettoyage et nécessite la mise en place de techniques de refixage délicates.
Indépendamment du support et des pigments, le liant vieillit et apporte des modifications de l'aspect optique de l'œuvre : jaunissement et assombrissement. Ce dernier est plus ou moins important selon le type d'huile utilisée ainsi que sa préparation. Néanmoins, d'une manière générale, plus la peinture contient de liant, plus elle s'assombrit.
Ensuite, vient le jaunissement des résines naturelles et des huiles. Si l'on peut alléger un vernis qui a jauni on ne doit pas toucher au jaunissement de la peinture, ou bien du fait de l'huile exsudat), ou bien du fait d'une résine qui s'y trouve. Pour les vernis durs (ambres, copal...), on assistera plutôt à un brunissement qu'à un jaunissement. Ces vernis étant dissous à chaud dans l'alcool, ils sont pour ainsi dire impossibles à alléger, très difficiles à éliminer.
On assiste aussi, dans le cadre du vieillissement naturel, à la décoloration de certains pigments (principalement pour les laques et les teintures) provenant d'une instabilité du pigment à la lumière (pigments organiques, végétal ou animal comme la Garance ou le jaune indien...).
Pour les bois dont l'essence est riche en tanin (frêne ou chêne) on assiste à une coloration brun-gris, alors que pour les conifères la coloration sera plutôt rougeâtre.
Du fait de la transparence accrue de l'huile avec l'âge, l'œuvre prend une teinte globale qui modifie sont aspect.
L'ivoire jaunit ainsi que le papier qui peut aussi brunir ou roussir. Plus un papier est acide plus il jaunira.
L'huile de lin devient transparente à cause de la linoxyne qui en est le composant essentiel. Elle augmente son indice de réfraction, ce qui la rend plus transparente, même si elle s'obscurcit en parallèle.
On voit alors apparaître les couches sous-jacentes (préparation, sous-couches, repentir, dessin préparatoire, ancienne restauration...). On peut dans ce cas, parfois, déposer un glacis sur les zones réellement gênantes.
Celle-ci entraîne une perturbation des qualités optiques. L'altération provient de l'instabilité naturelle du vernis qui avec le vieillissement perd sa cohésion, devient friable ou cassable voire pulvérulent et perd sa fonction de protection.
Parmi les accidents de vernis, on trouve les embus, les chancis, le blooming résultat d'un mauvais vernissage ou d'une mauvaise qualité de vernis.