
L'idéal est une température comprise entre 18 et 20° C. avec une tolérance de + ou - 5%. Encore une fois, c'est la stabilité de la température qui est importante. Dans la mesure du possible, on place l'oeuvre dans des conditions climatiques proches de celles dans laquelle elle a été créée.
Pour une humidité supérieure on assiste à un gonflement de la cellulose du support et donc à un allongement pour les toiles, un gonflement pour les bois. L'adhésion de la couche picturale s'en trouve affaiblie et cela peut entraîner des écaillages, des soulèvements ou éventuellement un feuilletage si la cohésion des couches entre elles n'est pas très bonne à l'origine. L'exsudation exsudat : Résultat de l'exsudation de l'huile.
L'exsudation est un phénomène de tassement des pigments et d'un léger gonflement de l'huile dû à la polymérisation dans les premières années d'utilisation. Ce phénomène a pour résultat de donner un film léger d'huile sans pigment en surface de la peinture. Ce film va jaunir avec le temps et donner au tableau une partie des plus intimes de sa patine. est accélérée (l'huile remonte et donne une surface grumeleuse) et on peut assister à des phénomènes de moisissures, de pulvérulence (notamment pour les préparations à base d'argile) et de chancis, ce qui est un moindre mal.
Pour une humidité inférieure à 40%, on assiste à une dessiccation des différents matériaux (toujours pour les supports cellulosiques), le bois se fendille, se tord ou craquelle, la toile se dessèche, cuit et risque des ruptures sur ses fils, la rendant d'autant plus fragile au choc.
Enfin, le papier perd sa souplesse et se brise. Les supports ne sont pas les seuls à être atteints, les encollages perdent leur souplesse et la couche picturale s'écaille.
L'atmosphère est composée d'oxygène, d'azote, de vapeur d'eau, de CO2, de quelques gaz rares en très faible quantité et de pollutions diverses (soufre, poussières, sables, goudrons...).
L'oxygène participe à l'évolution naturelle des matériaux (notamment polymérisation de l'huile) mais il entraîne aussi un jaunissement des vernis et une décoloration de certains pigments.
Les anhydres sulfureux (liés à l'acide sulfurique) peuvent induire des modifications de teinte et attaquent la cellulose ainsi que les supports pierreux et métalliques.
Les poussières, sables et goudrons, dues au chauffage (goudron, suie, poussières collant au tableau), pollutions (industrielles et automobiles) attaquent l'ensemble des matériaux composant l'objet-tableau. Quant au sable, il attaque et ronge les fresques, entraîne un piquage des oeuvres et peut effriter la matière jusqu'au support (action corrosive, un peu comme le sel pour les mileux proches de la mer).
On considérera ici autant la lumière visible qu'invisible, naturelle ou artificielle, les rayonnements les plus dangereux étant les infrarouges et les ultraviolets.
On peut, par contre, utiliser des vitres inactiniques qui filtrent les rayons les plus nocifs. Enfin, on doit limiter les temps d'éclairage importants, à forte lumière (flash pour la photo par exemple).
On mesure la lumière à l'aide d'un luxmètre, les U.V. à l'aide d'un ultraviomètre et les infrarouges se déduisent de la température.
Parmi les conséquences des mouvements qu'on fait subir aux tableaux, on trouve les chocs volontaires (vandalisme) ou involontaires (négligence). Un choc n'aura pas forcement une conséquence immédiate, mais celle-ci peut apparaître au cours du temps sous la forme d'un réseau de craquelures en escargot (voir ci-contre).
Les déplacements de tableaux peuvent aussi avoir de graves conséquences, principalement pour les grands formats qui sont roulés ou pire, pliés. Pour le transport, le mieux est bien évidemment un transport sur la tranche, si possible en caisson isolant (température et hygrométrie, ainsi que choc sonore), sinon, bien emballé dans un papier bulle, éventuellement entre deux feuilles de carton épais, avec un papier japon entre le carton et la couche picturale.
Autre source de dégradation liée au milieu ambiant : les vibrations aériennes (son). La circulation automobile, les avions, la musique (principalement les graves) entraînent des vibrations mécaniques (trépidation du sol ou vibration aérienne) pouvant altérer la couche picturale, éventuellement le support.
Parmi les autres facteurs de vibrations, on trouve les machines hydropneumatiques, machines outil à moteur et, parfois même tout simplement le piétinement. Pour exemple, le cabinet en laque de Marie Antoinette (Fontainebleau) se traverse en silence et en chaussette.
Le contrôle d'une telle pollution se fait à l'aide d'un sismographe On peut isoler au niveau phonique (double à triple vitrage) et même au niveau de la transmission par les murs (capitonnage).
Milieux extrêmes de dégradations : bien entendu, les caves, greniers et autres mauvaises pièces vont posséder une humidité ambiante très prononcée (à différencier de l'humidité relative de l'atmosphère) mais vont aussi (greniers) subir de fortes variations climatiques tout au long de l'année. On peut alors voir apparaître, en plus des dégradations dues à l'humidité et ses variations, des champignons, des moisissures, voire des attaques d'insectes xylophages soit directes, soit indirectes (remontée des vers par la toile). Dans ces cas, le traitement curatif et préventif est le même : utilisation de fongicide adapté (polycyclohexanol), mais il convient d'éviter les traitements à base de produits gras ou acides.
Le traitement des moisissures et champignons doit commencer par une mise de l'oeuvre au sec, en prenant gard à la réaction du support au changement climatique. Puis on élimine les souillures par frottement à sec et on badigeonne avec un conservateur fongicide (ammonium).
Pour les oeuvres sur papiers, les dégradations sont en générales plus graves (taux de fer dans le papier entraînant des phénomènes d'oxydation plus important) et il convient alors de faire appel à un restaurateur de papiers. Enfin, la présence de rongeurs (mulots, rats, souris...) très friands de cellulose entraîne des dégradations irréversibles tant par la destruction pure et simple des matériaux, que par la présence de leurs excréments. La seule solution est alors une solution préventive.